Les changements climatiques toucheront toutes les populations, riches et pauvres, dans toutes les régions du globe. La gravité de la situation nous ramène à notre condition d’êtres humains, tous égaux devant le péril environnemental, et doit nous unir plutôt que nous diviser.
Jamais l’humanité n’aura été confrontée à pareils défis et jamais, pour tous les acteurs économiques, politiques et sociaux, le besoin de coordination n’aura été si criant.
Aussi, devant l’urgence de la situation climatique, la jeunesse se lève et fait appel à l’ensemble de la société pour qu’unis nous transformions la menace du réchauffement planétaire en une puissante force de rapprochement des peuples et que nous créions un nouveau partenariat intergénérationnel.

Nous disposons d’à peine dix ans pour agir et empêcher le climat d’atteindre le point de non-retour, c’est-à-dire une hausse de la température mondiale moyenne de 2ºC.
La planète s’est déjà réchauffée de 0,7°C depuis le début de l’ère industrielle et nous en sentons les effets : hausse du niveau de la mer, fonte des glaciers terrestres, diminution de la superficie des calottes glaciaires, bouleversement des écosystèmes, acidification des océans, etc.
À 2°C de réchauffement, tous ces effets seront multipliés et seront accompagnés de nouveaux dangers : risque d’extinction accru pour 30% des espèces végétales et animales, baisse du rendement agricole dans certaines régions du globe, progression de la sécheresse dans les régions arides, stress hydrique et alimentaire pour des populations entières.
Ces conséquences, bien que dramatiques, l’humanité aurait néanmoins les moyens d’y faire face. Nous disposons de tous les outils en notre possession pour freiner le réchauffement planétaire, mais il faut agir vite et de façon concertée car excéder la barre des 2°C nous ferait entrer dans une zone de réchauffement aux impacts imprévisibles et fort probablement irréversibles.
Il ne s’agit pas d’être optimiste ou pessimiste, mais bien réaliste.
En ce sens, dans le respect de l’équité intergénérationnelle, NOUS DEMANDONS :

Les populations des Pays les moins avancés (PMA) seront les plus directement touchées par les changements climatiques, mais ce sont elles qui ont le moins contribué au réchauffement planétaire. Largement dépendantes de ressources primaires et vivant dans des conditions matérielles déficientes, ces populations pourraient avoir une plus grande difficulté à satisfaire leurs besoins de base. On craint d’ailleurs que les changements climatiques n’entraînent des migrations massives des réfugiés environnementaux.
Conséquemment, dans le respect de la solidarité internationale, NOUS DEMANDONS :

Le tournant du millénaire aura vu naître de grandes économies émergentes et celles-ci auront à partir de maintenant un rôle clé à jouer dans la lutte aux changements climatiques. En imitant certains modes de production polluants du Nord, la Chine, l’Inde, le Brésil et d’autres voient leur poids démographique graduellement transformé en pression climatique. Les prochaines années seront donc critiques : nous devons stopper cette tendance afin que les économies émergentes suivent un chemin de développement propre et durable.
Les pays développés portent encore aujourd’hui une responsabilité historique dans le réchauffement planétaire. Il revient donc principalement à eux, d’assumer le leadership dans la lutte aux changements climatiques, et de favoriser la transition des économies émergentes vers des modes de production plus verts.
Ainsi, dans le respect du principe de responsabilité partagée, mais différenciée, NOUS DEMANDONS :
En formulant ces recommandations et en dessinant le contour de ce que pourrait être la société mondiale à l’issue de la prochaine décennie, la jeunesse porte un message d’espoir : elle pourrait être l’héritière d’un monde transformé, non pas par un climat bouleversé, mais par l’avènement d’une nouvelle cohésion du genre humain.